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le Canard Enchaîné - 18 juillet 07

D'entrée de jeu, on sait que c'est réussi : sur un plateau uniformément vert pelouse, un olibrius drôlement vêtu s'agite bizarrement en remuant les lèvres mais à peine a-t-on compris qu'il discourt en play-back qu'il s'éclipse, alors déboulent cinq hurluberlus qui se mettent à danser et hop ! par dizaines, les saynètes vont ainsi d'enchaîner toujours sur le même principe : une bande son où s'entremêlent prosaïques répliques et tirades hautement intellectuelles (on reconnaît entre autres les voix de Derrida, Lacan, Foucault, Sartre, de Funès, etc) et six acteurs-danseurs-mimeurs qui, changeant fréquemment de costumes, mettent ces voix en mouvement, en charpie, en boîte, en rythme. Loufoquerie millimétrée, drôlerie fulgurante (on n'a pas le temps d'éclater de rire qu'une nouvelle scène surgit), joyeuse inventivité chorégraphique et kitchissime originalité des vêtements confinent au sublime : le totale !